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4 décembre 2020

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Erdogan mettant en doute la « santé mentale » d’Emmanuel Macron

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« Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : allez d’abord faire des examens de santé mentale », a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé.

Recep Tayyip Erdogan a mis en doute la «santé mentale» d’Emmanuel Macron en raison de son attitude envers les musulmans de France. Précédemment, le chef d’État turc avait déjà dénoncé l’idée de «structurer l’islam» en France comme une provocation.

« Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’État qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : allez d’abord faire des examens de santé mentale », a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé.

« Macron a besoin de se faire soigner », a-t-il affirmé.

« Quel problème a l’individu nommé Macron avec l’Islam et avec les musulmans ? », s’est interrogé M. Erdogan.

Il a aussi prédit que M. Macron allait perdre la prochaine élection présidentielle en 2022 « parce qu’il n’a rien accompli pour la France ».

« Vous passez votre temps à vous en prendre à Erdogan, ça ne vous rapportera rien », a encore affirmé le président turc.

Il y a deux semaines, M. Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le « séparatisme islamiste » et la nécessité de « structurer l’islam » en France.

Le Président français a annoncé plus tôt en octobre ses plans de «libérer l’islam de France des influences étrangères». Parmi les problèmes, M.Macron a cité le manque de transparence des dons qui peut être source d’«influence, plus pernicieuse et plus grave».

Le projet de loi «contre les séparatismes» devrait être soumis au Conseil des ministres le 9 décembre. La liste des mesures contient une obligation de neutralité dans les services publics, la possibilité de dissoudre des associations notamment «pour atteinte à la dignité de la personne» ainsi qu’une charte de laïcité obligatoire pour les associations qui demandent des subventions.

À la suite de l’assassinat du professeur Samuel Paty dans les Yvelines, Emmanuel Macron a en outre souligné que «les actions s’intensifieraient» contre l’islam radical dans le pays.

L’Elysée dénonce ce samedi soir les propos « inacceptables » tenus par Recep Tayyip Erdogan contre Emmanuel Macron.

« Les propos du président Erdogan sont inacceptables. L’outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode. Nous exigeons d’Erdogan qu’il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n’entrons pas dans des polémiques inutiles et n’acceptons pas les insultes », a commenté l’Elysée auprès de nos confrères de l’AFP.

« Allez d’abord faire des examens de santé mentale »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a critiqué samedi avec virulence l’attitude de son homologue français Emmanuel Macron envers les musulmans.

L’Élysée a n’a pas reçu «de messages de condoléances et de soutien du Président turc après l’assassinat de Samuel Paty».

La rhétorique de Recep Tayyip Erdogan a été marquée ces derniers temps par les propos «très offensifs», tant sur l’appel au «boycott des produits français» que sur l’état de santé mental d’Emmanuel Macron, a fustigé la présidence.

La décision du Président français de ne pas «renoncer aux caricatures» du prophète a engendré une grogne et des appels à boycotter les produits français dans plusieurs pays.

En cela, M.Macron a assuré que «les actions s’intensifieraient» contre l’islam radical dans le pays et a annoncé la dissolution du collectif Cheikh Yassine.

L’ancien chef d’état-major français a accusé la Turquie d’avoir financé des mouvements islamistes radicaux et a appelé Paris à œuvrer pour mettre fin aux agissements inacceptables d’Ankara.

La France et la communauté internationale doivent mettre fin au comportement inacceptable de la Turquie qui est d’ailleurs membre de l’Alliance atlantique, estime l’ancien chef d’état-major des armées Pierre de Villiers.

«On est dans un monde très instable. Et il y a un phénomène dont on ne parle pas assez, c’est le retour des États puissances. Parmi ces États puissances, il y a la Turquie, et la Turquie de monsieur Erdogan […] qui se manifeste dans un certain nombre d’actions militaires», a déclaré M.de Villiers sur le plateau de BFM TV.

«On ne peut pas accepter que ce pays tienne ces paroles et ait son comportement en étant membre de l’Otan», a souligné M.de Villiers. «Je crois qu’il faut que la France et la communauté internationale y mettent fin».

L’ex-chef d’état-major a également accusé la Turquie, qui n’est plus selon lui un pays laïc mais «islamique», d’avoir soutenu et financé «une partie» des mouvements terroristes islamistes.

Il y a deux semaines, Recep Tayyip Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le « séparatisme islamiste » et la nécessité de « structurer l’islam » en France.

Un projet de loi sur la lutte contre « les séparatismes » en France, qui vise l’islam radical, doit être présenté début décembre. Il vise à renforcer la laïcité et à consolider les principes républicains en France et comporte plusieurs points susceptibles de provoquer des tensions avec la Turquie, comme le contrôle renforcé des financements des mosquées ou l’interdiction de la formation des imams à l’étranger.

« Depuis son offensive en Syrie, la France n’a cessé de dénoncer le comportement du président Erdogan, les dernières semaines nous ont donné raison », poursuit l’Élysée.

Des tensions en Méditerranée au conflit en Libye, en passant par les affrontements au Karabakh, de nombreux dossiers opposent actuellement Paris et Ankara.

L’Élysée réclame de nouveau samedi « que la Turquie mette fin à ses aventures dangereuses en Méditerranée et dans la région », et dénonce le « comportement irresponsable » d’Ankara au Nagorny Karabakh.

« Des exigences sont posées. Erdogan a deux mois pour répondre. Des mesures devront être prises à la fin de cette année », déclare ainsi l’Élysée à propos de la Méditerranée orientale.

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