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17 septembre 2021

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La France et le G5 Sahel poursuivent le même combat contre le djihadisme

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Les 15 et 16 février, N'Djaména a accueilli le sommet du G5 Sahel à l'invitation de la Mauritanie et du Tchad. La France a participé en visio-conférence.

Les 15 et 16 février, N’Djaména a accueilli le sommet du G5 Sahel à l’invitation de la Mauritanie et du Tchad. La France a participé en visio-conférence.

Qu’est-ce que le G5 Sahel?

Le G5 Sahel ou G5S, réunit 5 états du Sahel: Mauritanie, Mali, Burkina Fasso, Niger et Tchad. Il sert à la coordination et au  suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité. Le premier sommet a eu lieu les 14 et 15 février 2014.

Le but de ce sommet est de protéger les états du djihadisme très présent dans la région depuis 2012. Les états peuvent ainsi combattre les différentes organisations terroristes (Al-Qaïda au Maghreb islamique, Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest – Al-Mourabitoune, Boko Haram). Lutter contre le crime organisé et les trafics (drogue, armes et êtres humains..) en est le but . Depuis 2017, il existe une » force conjointe » transfrontalière. Le changement climatique et l’expansion démographique sont au centre des préoccupations des chefs d’états.

Afin de trouver des solutions, la réponse se doit politique, militaire et économique pour favoriser le développement. C’est pourquoi, la France et ses partenaires européens et internationaux ont décidé de s’engager auprès des Etats du Sahel.

Projets et besoins du G5 Sahel

-Economiquement, le G5 Sahel couvre 40 projets régionaux destinés à améliorer les infrastructures et l’accès aux ressources. Le coût total est de 2,4 milliards d’euros. L’Alliance Sahel ( Union européenne dont la France et l’Allemagne et des institutions (la Banque africaine de développement et le Programme des Nations-Unies pour le développement) ont proposé leurs projets. Au total, 12 bailleurs financent plus de 600 projets dans la zone, pour un montant de 9 milliards d’euros.

-Militairement, la France a lancé l’opération « Barkhane » en envoyant 4 500 soldats en 2014. C’est la plus importante opération extérieure de l’armée française . La France envoyé des véhicules, du matériel ainsi que des conseils et formations aux armées des cinq pays sahéliens. L’ONU a aussi envoyé des « casques bleus »  au Mali en 2013 afin de maintenir la paix (Mission Minusma). Depuis 2017, une résolution prévoit un soutien opérationnel et logistique à la force conjointe. L’Union européenne a envoyé en 2013 600 militaires lors la Mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali). Le but de ces opérations est de couvrir une bande de 50 kilomètres de part et d’autre des frontières.

-Financièrement, le budget nécessaire à la force  du G5 Sahel nécessite près de 400 millions d’euros.  L’Union européenne a versé 50 millions d’euros, les 5 pays du G5 Sahel, 10 millions d’euros chacun. Fin 2017, les États-Unis promettaient une aide de 60 millions de dollars. L’Arabie saoudite contribuaient pour 100 millions de dollars (contribution gelée suite à l’ouverture entre la France et l’Iran). Les Émirats arabes participaient avec  30 millions de dollars.

Les conclusions du Sommet de Pau en 2020

Après des critiques sur la présence de la France au Sahel, ce sommet a permis de savoir si cette présence était toujours acceptée. Finalement, la France a maintenu cette présence aux côtés des pays du Sahel.

L’an dernier, la France a accueilli le sommet G5 Sahel à Pau, peu de temps après le G7 de Biarritz. Il a mis l’accent au niveau économique, militaire, éducatif et institutionnel. Le but était d’accompagner le dialogue dans toute la région et de favoriser l’accès de la population aux services de base. Créer les conditions de leur autonomie était aussi important. Par ailleurs, on notait un recul de l’ennemi grâce à la neutralisation des chefs et la récupération des territoires qu’il détenait. Durant 6 ans, de présence, on a pu constater de nombreuses actions pour le développement des populations.

Le Sommet de Nouakchott

En juin 2020, le Sommet de Nouakchott (Mauritanie) a eu lieu malgré la crise sanitaire. Il a présenté les succès militaires et diplomatiques de la France. On notait l’élimination des têtes des groupes terroristes, la récupération de territoires, un meilleur partage de renseignements et le redéploiement des armées. Le rapport de forces a été inversé face aux terroristes. Les forces spéciales européennes ont remplacé les 600 soldats français que la France avait envoyés début 2020. La formation de magistrats, préfets policiers et juges commence à cette époque.

Le Sommet de N’Djamena

Alors que le Sommet de Pau a insisté  sur le plan militaire , le Sommet de N’Djamena a mis la pression sur le plan politique et du développement. La guerre perdure depuis 8 ans et le nombre des vies humaines a augmenté.

Face aux djihadistes, les états sont faibles malgré les avancées militaires. Pour que les écoles, dispensaires et projets de développement reprennent, il faut rétablir la gouvernance.

Paris espère que les résultats de ce sommet aboutiront d’ici un an, malgré les difficultés de gouvernance et le calendrier français à venir. Dans le cas contraire, la France retirera ses troupes de cette guerre. Il faut donc tout faire pour montrer aux opinions publiques, en Afrique, en France et en Europe, le sentiment que cette guerre est gagnable.

Les 2 lignes conductrices de la France

Pour alléger sa présence au Sahel, la France a décidé que les hommes de la Takuba (force internationale européenne) remplaceront petit à petit les 600 français retirés.

  1. Action internationale

La France retire les 600 hommes envoyés l’an dernier. Ils seront remplacés par des renforts du Tchad (1200 hommes) et de plusieurs pays européens dont les soldats des forces spéciales d’Estonie, de Suède et de République tchèque. Le Danemark et la Grèce ont suivi mais aussi les Etats-Unis  qui maintiennent leur soutien logistique et de renseignement sur la décision du nouveau président Biden, contrairement à son prédécesseur Donald Trump. Le déploiement de ces forces a permis la défaite de groupes armés terroristes dans la zone des 3 frontières. Toutefois, la menace persiste et vigilence et persévérance sont de mise pour éradiquer le fléau dans la région.

En 2021, l’Espagne prend les commandes durant le premier semestre avec 530personnes, l’Allemagne, la seconde partie de l’année avec 450 personnes.

      2. Les armées nationales locales reprennent le flambeau

Les armées locales sont vulnérables car sous-entraînées et sous-équipées. Au Mali, les militaires ont pris les rênes de l’état, il est donc nécessaire que les états reprennent leur rôle. Les dirigeants du G5S s’engagent à poursuivre l’effort de renforcement et de modernisation de leur outil de défense contre le terrorisme.

Conclusions du G5S N’Djamena

 Lutte contre le terrorisme :

  •  Résultats enregistrés face aux groupes armés terroristes (GAT)
  •  Neutralisation des cadres du haut commandement d’Al Qaeda au Maghreb islamique (AQMI)
  • Niveau, jamais atteint, de la coordination entre les armées nationales, la Force Barkhane et la FC-G5S,
  • Engagement militaire accru des partenaires européens au Sahel, montée en puissance de la Task Force Takuba

 Renforcement des capacités militaires des Etats Membres du G5Sahel

  • Progrès enregistrés dans l’opérationnalisation de la FC-G5S
  • Nécessité de placer tous les contingents de la FC-G5S  sous le commandement opérationnel direct du commandant de la Force Conjointe, renforcement des capacités de la force en moyens aériens, logistiques et de renseignement.
  • Remerciements  à  l’UE pour son soutien déterminant à la FC-G5S
  • Appel du G5 Sahel, de l’Union africaine (UA), de l’UE et ses Etats membres à un soutien accru de l’Organisation des Nations Unies (ONU) à la FC-G5S pour permettre la poursuite de sa montée en puissance opérationnelle.
  • Efforts consentis par l’UA, la CEDEAO et l’UEMOA en appui aux Etats du G5 Sahel.  Réélection bien accueillie de Moussa Faki Mahamat à la tête de la Commission l’UA
  • Poursuite des efforts de formation et de conseil au profit des forces armées nationales des pays du G5 Sahel.
  • Poursuite de l’effort de renforcement et de modernisation de leur outil de défense.
  • Appel au renforcement de la coordination entre les pays du G5Sahel et les pays riverains du Golfe de Guinée face au risque d’extension de la menace terroriste. Efforts salués   pour l’opérationnalisation du plan d’action 2020-2024 de la CEDEAO pour éradiquer le terrorisme.

Appui au déploiement de l’Etat, des administrations et des services sociaux de base

  • Retour de l’Etat, des administrations et des services aux populations; consolidation de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance. Ils garantiront une paix durable, répondront aux besoins actuels des populations, permettront la stabilisation des pays du G5 Sahel et feront durablement reculer les GAT.
  • Appel à une accélération de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation (APR) au Mali.
  •  Renforcement des mandats des missions de PSDC civiles EUCAP Sahel Niger (mai 2020) et EUCAP Sahel Mali (décembre 2020).
  • Importance d’assurer le redéploiement des administrations et des services de base au profit des populations.
  • Elaboration des stratégies interministérielles ambitieuses,  mise en place des dispositifs nationaux de pilotage politique au plus haut niveau.
  • Engagement à court terme pour permettre à l’opération ECLIPSE, menée par la FC-G5S et ses partenaires, d’initier le redéploiement de l’administration et des services publics. Elle peut servir d’exemple à une coopération civilo-militaire efficace pour assurer la présence dans la durée de l’Etat.
  • Déploiement des services de base aux populations, dans une logique de stabilisation et plus forte coordination dans ce domaine avec l’Alliance Sahel.
  • Importance de poursuivre et d’encourager le dialogue intercommunautaire inclusif et les efforts de réconciliation.

Traitement des causes profondes de l’insécurité

  • Renforcement des actions de développement, rendu possible par l’Alliance Sahel.
  • Mise en œuvre d’une approche territoriale intégrée (ATI). Satisfaction les décisions adoptées lors de la 2ème Assemblée générale de l’Alliance Sahel.
  • Reconnaissance de la contribution importante des autres partenaires techniques et financiers, exprimée notamment dans le cadre de la conférence de financement du Programme d’Investissement Prioritaire (PIP) du G5 Sahel, à Nouakchott, en décembre 2018. Salut au soutien apporté aux pays membres du G5 Sahel par les Etats membres de l’Organisation de Coopération Islamique (OCI) et ses institutions notamment la BID.
  • Mobilisation de la communauté internationale lors de la Table ronde sur la situation humanitaire au Sahel central.
  •  Mobilisation de la communauté internationale, à l’occasion du One Planet Summit ( 11 janvier 2021 à Paris) pour accélérer la mise en œuvre de l’initiative Grande muraille verte. Elle  permettra de soutenir la lutte contre les effets du changement climatique et de la désertification dans la bande sahélo-saharienne.
  • Les femmes sont les premières victimes des conflits et de l’insécurité

Mise en place de la Coalition pour le Sahel

  • Opérationnalisation du Secrétariat de la Coalition pour le Sahel (SCS) et nomination de son Haut Représentant, Djimé Adoum. Importance de créer les conditions juridiques et le statut permettant d’exercer un plaidoyer de haut niveau.
  • Avancées observées dans le transfert du SCS à Bruxelles, grâce à un appui financier de la France, de l’UE et de la République Tchèque. Mises à disposition de personnels déjà annoncées par la France, le Canada et l’Espagne.

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