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22 septembre 2020

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La femme omanaise sur le chemin de la parité

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Le 19 décembre 2019 s’est tenue au Sénat une table-ronde animée par la journaliste Samira Ibrahim sur le sujet de « La femme omanaise sur le chemin de la parité. »

L’an passé déjà, le Palais du Luxembourg avait accueilli le 1er colloque en France traitant de la place et de la condition de la femme omanaise, colloque animé par la journaliste Leïla Murr, dont les actes, publiés dans la collection « Regards croisés sur Oman » dirigée par Georges Sassine, ont été remis aux participants de la nouvelle table-ronde.

Jean-Marie Bockel, Sénateur du Haut-Rhin, Président du groupe d’amitié France-Pays du Golfe, ancien Ministre, a ouvert les débats en rappelant que les relations franco-omanaises ont 320 ans et que, il y a 6000ans, la Reine Shamsa a dirigé Oman.
S.E. Dr Sheikh Ghazi Al Bahar Al Rawas, Ambassadeur du Sultanat d’Oman à Paris, a précisé des points d’histoire concernant l’influence de la Grande-Bretagne et de la France dans la région.
Les intervenants suivants se sont exprimés tour à tour :
– Eya O’Toole, Vice-Présidente du Club Omanais-Français, études de master 2 sur la femme omanaise en politique
– Yara Al Ghafri, expérience à l’UNESCO
– Dr. Mona Al Baiti, adjointe Ambassade du Sultanat d’Oman
– Olga Andriyanova, arabisante spécialisée sur Oman, bibliothécaire à l’IMA
– Michèle Barrault Hétier , écrivaine
– Dr. Amira Al Raaisi, médecin omanaise en France
– Dr. Reema Al Shanfari, médecin omanaise en France

A la tête du Sultanat d’Oman depuis 1970, le Sultan libéral et réformateur Qabous Bin Said a mis la cause des femmes au centre de sa stratégie.
Deux femmes sont ministres, deux sont élues au Conseil de la Choura.
La romancière Jokha Alharthi a reçu le prestigieux prix littéraire international Man BOOKER qui, créé en 2005, récompense pour la 1ère fois une auteure du Golfe.

Les droits de la femme sont inscrits dans la Constitution et elle a sa place dans la société.
Oman et la Tunisie sont les seuls pays musulmans à avoir une Journée de la Femme.
La journaliste Samira Ibrahim s’est dite fascinée par ce pays aux paysages magnifiques et au peuple accueillant, où voisinent tradition et modernité. La femme omanaise est active, instruite, participe à la vie politique et aux activités variées, mais l’égalité des chances n’est pas encore gagnée.

Eya O’Toole a apprécié l’accueil ouvert et chaleureux qui lui a été réservé pour ses recherches et ses interviews.
Les femmes sont en terrasse à Mascate. Elues, elles sont de vraies politiques, courageuses et engagées, mais elles doivent composer avec la tradition tribale encore assez forte. La création d’un Parlement est récente (1990) et le pouvoir reste encore concentré entre les mains du Sultan. Il y a cependant une évolution, lente mais sûre.

Yara Al Ghafri a mis l’accent sur une politique volontariste qui met en avant les femmes et à l’ambition de les soutenir dans leur poste. Certes, des progrès restent à faire, comme dans le monde entier.

Dr. Mona Al Baiti a évoqué sa famille, pratiquante, stricte, mais avec un espace de liberté. C’est la mère qui gère la famille et c’est elle qu’elle a dû persuader pour étudier. L’Etat l’a aidée. La législation est là, tout est possible, c’est aux femmes d’oser. Il n’y a pas de discrimination, même positive.
Olga Andriyanova a précisé que le Sultanat regorge de femmes chefs d’entreprise, de commerçantes, dans l’artisanat ou la restauration, de créatrices de mode. 42% travaillent dans la fonction publique. Elles sont 8% dans les Armées. Elles sont cavalières, musiciennes. Le pays a connu de grands changements depuis une quinzaine d’années.
Quand des terrains constructibles ont été distribués par l’Etat, les femmes ont eu les mêmes droits.
La tradition reste importante mais les femmes peuvent choisir leur orientation.

Michèle Barrault Hétier est, avec son mari photographe, depuis 25 ans, une grande amoureuse d’Oman où ils se rendent deux fois par an. Ils ont déjà publié huit livres sur ce pays qu’ils ont vu évoluer grandement durant toutes ces années. Elle note qu’entre les femmes omanaises il n’y a pas d’envie ni de concurrence mais du respect et une priorité toujours donnée à la famille. Il n’y a pas comme en Europe une dimension de sacrifice.
Il existe nombre d’associations, des aides sociales et des programmes du gouvernement pour encourager les initiatives et lutter contre l’analphabétisme.

Jean-Marie Bockel a conclu la table-ronde en insistant sur le fait que le Sultanat d’Oman est un partenaire précieux pour la France. C’est un pays petit mais à la position géopolitique très importante. Les relations entre nos deux pays sont bonnes mais perfectibles. Elles pourraient être plus denses, tant au niveau politique que culturel ou touristique.
Depuis les indépendances, on avait baissé le rideau sur la Femme; elles reviennent à présent sur le devant de la scène.

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