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4 décembre 2020

Journal Impact European

"NOUS SOMMES UN JOURNAL INDÉPENDANT"

L’IMA présente “Couleurs du Monde” et “Mémoires Partagées”

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L’Institut du monde arabe  (75005) est un institut culturel français consacré au monde arabe.

L’IMA est un moyen de dialogue entre le monde arabe, la France et l’Europe. Il développe des liens forts et durables entre les cultures. Il collabore avec des associations, établissements scolaires et hauts lieux culturels européens. Enfin, il organise des concerts, films, ouvrages, rencontres, colloques, séminaires, conférences, spectacles de danse, expositions.

On le surnomme parfois le « Beaubourg arabe » en référence au centre national d’art et de culture Georges-Pompidou (Centre Beaubourg).

Collection « Solidarité »

Depuis 2016, l’IMA abrite une collection « solidarité ». Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco et Jack Lang, Président de l’IMA, ont signé en octobre 2015, un partenariat visant à la création d’un Musée d’art moderne et contemporain en Palestine. « Concevoir un tel Musée, c’est inscrire les Palestiniens dans le monde et donner au monde un accès à la Palestine ».

Le projet est fondé sur le principe d’une collection solidaire. Elle est constituée de dons d’artistes et gérée par une association de droit français. Cette collection est conservée à l’IMA, point d’ancrage, en attendant l’acquisition du terrain et la construction des locaux du musée en Palestine. Coordonnée par Ernest Pignon- Ernest, elle a pour ambition de couvrir les courants essentiels de la création contemporaine de ces 50 dernières années. Selon lui,  » le futur Musée d’art moderne et contemporain en Palestine sera l’affirmation d’un Etat en soi mais aussi dans ses relations avec les autres Etats ».

Pourquoi un musée d’art moderne et contemporain en Palestine?

Elias Sanbar y répond: « Tout état a pour devoir de donner à ses citoyens l’accès à la culture et au beau. Cette prérogative devient essentielle en situation d’occupation. Concevoir un tel musée s’affirme comme une manière d’inscrire la Palestine dans le monde et, de donner aux Palestiniens un accès au monde »…. »Cet accès par les arts plastiques de la deuxième moitié du XXème siècle à aujourd’hui apporte la vision que chaque artiste donne de « son monde ». Et ce, quels que soient son origine, son style, les techniques et supports employés. L’émotion prend le pas sur le témoignage, donnant à chacun selon ses inclinations la possibilité de sentir et de rêver en toute liberté, loin des contingences du quotidien.

Le futur musée abritera la création contemporaine, sous toutes ses formes. Il couvrira les courants essentiels de la création contemporaine de ces cinquante dernières années, de l’abstraction à la théorie du mouvement Supports/Surfaces en passant par la Figuration narrative ou la Figuration libre . La photographie et la bande-dessinée seront aussi représentées. L’Association d’Art moderne et contemporain en Palestine continue à collecter des oeuvres.  L’état de Palestine, représenté par la Délégation palestinienne auprès de l’Unesco  et l’IMA en sont les membres fondateurs en 2016.

Quelle est la base du projet?

En 2017, L’IMA  organise une première partie de l’exposition « Pour un musée en Palestine ». L’exposition présente une cinquantaine d’oeuvres qui occuperont les murs du futur Musée  en Palestine. Elles sont signées Le Parc, Fromanger, Télémaque, Cordesse, Voss, Pey…

Ernest Pignon Ernest, membre de l’Association pour l’Art moderne et contemporain en Palestine collecte les œuvres du futur musée. En référence avec le « Musée de l’exil » initié grâce à son engagement contre l’apartheid, il réitère l’idée de musée itinérant. Il avait réuni une dizaine d’artistes internationaux. Jusqu’en 1991, année de l’abolition de la ségrégation, les oeuvres ont voyagé dans 48 pays.

Après l’Institut du monde arabe, « Pour un musée en Palestine » s’affiche au Palestinian Museum à Bir Zeit en Cisjordanie. Elle voyage ensuite en Europe et dans le monde.

En 2018, a lieu la seconde initiative, « Nous aussi, nous aimons l’art ». La 3e édition rend hommage au premier donateur, l’artiste Vladimir Velickovic, décédé en 2019.

Une partie des recettes de l’exposition, a servi pour la construction du musée en Palestine.

LES EXPOSITIONS

Du 15 septembre au 20 décembre 2020, l’Institut propose 2 expositions dans le cadre des collections vivantes.

Les collections « Couleurs du monde » et « Clichés partagés » sont 2 accrochages exceptionnels des « Collections vivantes » de l’IMA. Une conférencière accompagne les visites guidées (sur réservations). Dès l’âge de 6 ans, les enfants peuvent participer en famille à l’atelier « Construis ton musée »(sur réservation). Les participants ont la possibilité de devenir le scénographe du futur Musée d’art moderne et contemporain de Palestine. Ils doivent imaginer le musée qui présentera ces oeuvres et proposer la maquette d’un accrochage idéal.

Le 17 septembre, Jack Lang, Elias Sanbar, Audrey Azoulay entouraient le commissaire de l’exposition, Laurent Gaudé lors du vernissage.

  • COULEURS DU MONDE 

-Au niveau -1: Collection du futur musée d’art moderne et contemporain de la Palestine.

Laurent Gaudé,  prix Goncourt 2014, Prix du livre européen et Grand prix du roman métis 2019, décrit comme « un banquet de couleurs », cette exposition. Elle présente « la couleur dans tous les sens du mot, de la palette au sentiment, de l’engagement à l’épreuve ». L’affichage, conçu par Elias Sanbar, est aussi un moyen de rendre hommage à Vladimir Veličković, disparu le 29 août 2019. Il croyait à la réalité d’un musée d’art moderne et contemporain pour tous en Palestine.

« Cette exposition marque la solidarité avec le peuple palestinien. Elle manifeste une solidarité à travers l’expression artistique et pourrait suggérer, dans le fond, un message politique. Quelques œuvres d’artistes, dont celles des artistes palestiniens, relatent la culture et la civilisation de leur peuple », a déclaré Elias Sanbar.

Les artistes exposés

Jef Aérosol, Jean-Michel Alberola, Amadaldin Al Tayeb, Pat Andrea, Mehdi Bahmed, Vincent Barré, Taysir Batniji, Christian Boltanski, Serge Boué-Kovacs. Sophie Bourgenot, Lise-Marie Brochen, Henri Cartier-Bresson, John Christoforou, Alexis Cordesse, Roger Cosme-Estève, Henri Cueco, Gilles Delmas. Eugénie Dubreuil, Bilal Enki, Bruno Fert, Jacques Ferrandez, Martine Franck, Noriko Fuse, Daphne Gamble, Beatriz Garrigo, Anabell Guerrero, Nicolas Guilbert. Bernard Guillot, Philippe Guitton, Stéphane Herbelin, Ahmad Kaddour, Julio Le Parc, Patrick Lombard, Ivan Messac, May Murad, Françoise Pierson. Ernest Pignon-Ernest. Bernadette Predair, Steve Sabella, Samir Salameh, Antonio Seguí, Jacques Tardi, Hervé Télémaque, Barthélémy Toguo, Georges Touzenis. Marc Trivier, Nils Udo, Vladimir Veličović, Claude Viallat, Jan Voss, Stephan Zaubitzer, Hani Zurob.

Les oeuvres exposées

Parmi les oeuvres, on remarque

  • La Longue Marche,  don de l’artiste argentin Julio Le Parc. Grand prix international à la Biennale d’art de Venise, elle représente une métaphore de la condition humaine.
  • Cuando Llego Madoff, huile sur toile d’Antonio Segui. Ce peintre, illustrateur, graveur et sculpteur argentin, est exilé à Paris depuis les années 1960.
  • La série Animitas, don de Christian Boltanski, artiste juif dont les œuvres font référence au thème de la mémoire. Le titre de la série s’inspire des autels religieux chiliens édifiés au bord des routes, là où se sont produits des accidents. L’artiste désire installer une nouvelle Animitas devant le musée d’Israël à Jérusalem, une autre devant le musée d’Art moderne et contemporain de Palestine.
  • Parcours de Mahmoud Darwich sur les murs de Ramallah,  portrait en sérigraphie d’Ernest Pignon-Ernest exposé à Ramallah, Naplouse, Bethléem, en hommage au poète après son décès.
  • Collection Standby de Hani Zurob, artiste palestinien de Naplouse, dont les œuvres sont réalisées avec du goudron (Zeft en arabe) et de l’acrylique. Son univers scrute l’exil, l’attente et le déplacement.

Rôle politique de l’exposition

Ce projet est important au niveau politique et international. Il souligne la solidarité des artistes et des intellectuels du monde Il fait écho au droit international pour la cause palestinienne. Il s’adresse aux passionnés de l’art. Pour d’autres, c’est un moyen de « marquer son engagement politique et militant pour la cause palestinienne ».

  • MEMOIRES PARTAGEES

-Au niveau -2: Un choix de photos et vidéos du monde arabe de la Donation Claude et France Lemand.

Claude Lemand est le fils d’un chauffeur de taxi beyrouthin. Avec son épouse France, il est à la tête d’une des plus importantes collections privées d’art arabe contemporain.

En 2018, les collectionneurs Claude et France Lemand offrent une collection d’art moderne et contemporain à l’Institut du monde arabe. Courant 2019, 200 photographies et vidéos d’artistes complètent la donation initiale de 1 300 oeuvres. Grâce à cela, le musée de l’IMA devient le plus important musée d’art du monde arabe d’Europe. C’est la réunion de peintures,  dessins et aquarelles, estampes, sculptures, et livres d’artiste à tirage unique. Elle regroupe les  photos noir et blanc ou  couleur et les photomontages du franco-algérien Dahmane. La franco-algérienne Halida Boughriet (photographies de combattantes du FLN, 50 ans plus tard) et le tunisien Ridha Zili représentent le Maghreb. Le palestinien Steve Sabella (fresque de la grande marche du retour, tous les vendredis  à Gaza), le libanais François Sargologo, le syrien Nassouh Zaghlouleh (nostalgie de son enfance à Damas)illustrent le Moyen-Orient. Les syriennes Randa Maddah et Bissane Al Charif ont réalisé les vidéos.

Les avancées photographiques

A la fin du XIXème siècle, la photographie a commencé à évoquer le Maghreb, le Proche et le Moyen-Orient. Depuis une trentaine d’années, les artistes du monde arabe désirent bâtir une vision personnelle de leurs clichés et vidéos.

Ces photos et vidéos témoignent des conséquences des conflits et crises de l’histoire du monde arabe contemporain. Elles représenteront  les oublis de l’histoire officielle, l’exil ou la modernisation, mais aussi la nostalgie.

A partir des années 1970, la photographie a obtenu statut d’oeuvre d’art. Un exemple, les portraits et photomontages de Dahmane. La femme est au centre de sa création dans la série de 7 photomontages orientalistes. On y retrouve Yasmine, Eugène Fromentin, Vanessa, Théodore Chassériau. Depuis 2001,  les  avancées technologiques permettent de séparer les modèles des lieux où ils avaient été photographiés. On peut les replacer dans des endroits différents, même impensables.

Les clichés et vidéos

Les clichés et vidéos témoignent de l’exil, de la destruction  des maisons et des mémoires, de l’histoire,. C’est le cas de la Syro-palestienne Bissane al Charif ou la Syrienne du Golan occupé Randa Maddah.  Ces vidéos aident à lutter contre l’effacement de l’histoire par l’occupant comme le Golan occupé par les Israéliens. « In view »(miroirs suspendus qui reflètent les paysages) et « Tarmîn » (restauration) sont présentées lors d l’exposition actuelle.

 

 

Horaires
Du 15 septembre au 20 décembre 2020
Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Les samedis, dimanches et jours fériés: de 10h à 19h
Tarifs : Plein tarif: 7€, Tarif réduit: 5€, 18-25 ans: 3€
Accès
Couleurs du monde ( Salle d’exposition niveau -1)
Mémoires partagées (Salle d’exposition niveau -2)

Institut du monde arabe
1, rue des Fossés-Saint Bernard, place Mohamed V – 75005
Les clichés et vidéos témoignent de l’exil, de la destruction  des maisons et des mémoires, de l’histoire,. C’est le cas de la Syro-palestienne Bissane al Charif ou la Syrienne du Golan occupé Randa Maddah.  Ces vidéos aident à lutter contre l’effacement de l’histoire par l’occupant comme le Golan occupé par les Israéliens.

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