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8 avril 2021

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MeToo Gay dénonce des membres de sa propre communauté

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Les amis de Guillaume T. ont organisé un rassemblement ce samedi, à 13 heures place Pigalle à Paris. Ils veulent continuer à se battre pour que la dénonciation des violences sexuelles ne s'éteigne pas avec lui.

Les amis de Guillaume T. ont organisé un rassemblement ce samedi, à 13 heures place Pigalle à Paris. Ils veulent continuer à se battre pour que la dénonciation des violences sexuelles ne s’éteigne pas avec lui.

Une soixantaine de personnes se sont rassemblées ce vendredi sur le campus universitaire du Saulcy à Metz pour rendre hommage à Guillaume, étudiant retrouvé mort mardi 9 février dans sa chambre universitaire à Paris.Selon les premiers éléments de l’enquête ouverte par le parquet, il se serait donné la mort. Pour l’heure, les enquêteurs n’établissent pas de lien entre les accusations de l’étudiant et son décès. Âgé de 20 ans, Guillaume avait grandi à Metz. Il avait été le premier à utiliser le mot #metoogay sur Twitter à la mi-janvier, quand il avait accusé un élu de la ville de Paris et son compagnon de l’avoir violé.

Tout est parti d’un tweet, publié jeudi 21 janvier par Guillaume TT, alias Prunille, un jeune homme qui accuse l’élu communiste Maxime Cochard et son compagnon Victor Laby de l’avoir violé en octobre 2018. Publié, alors qu’émerge depuis jeudi soir un #MeTooGay sur les réseaux sociaux, ce message a suscité de nombreuses réactions.

Maxime Cochard, âgé de 36 ans, est élu du XIVe arrondissement, lié à la liste d’Anne Hidalgo, Paris en commun. Il a démenti avec force ces « propos et leur caractère calomnieux », et a annoncé engager « une action judiciaire en diffamation ».
Le Parti communiste, dans le même temps, l’exhorte à se mettre en retrait temporairement même s’il « bénéficie pour l’heure avec son compagnon de la présomption d’innocence ». « La justice doit désormais faire la lumière sur ces accusations graves », conclut le PCF.

Plus de trois ans après l’explosion du mouvement MeToo avec l’affaire Weinstein, la communauté gay française entame sa propre libération de la parole autour des agressions sexuelles.

A l’origine de ce mouvement, le témoignage d’un jeune homme affirmant avoir été violé à 18 ans par un élu PCF de la Mairie de Paris, Maxime Cochard, et son conjoint, alors qu’il était dans une « situation particulièrement vulnérable ». Ce sont ensuite des milliers de témoignages qui ont abondé sur la toile. Pourquoi la déflagration n’a lieu que maintenant, et non pas plus tôt, au cours des dernières années ?

« Je considère qu’ils ont profité de ma jeunesse, de ma naïveté, du fait qu’en raison de problèmes familiaux je n’avais pas vraiment d’endroit où dormir, de leurs responsabilités au sein du PCF pour avoir des relations sexuelles non consenties avec moi », écrit l’internaute sous le pseudo « Prunille », qui indique ne pas avoir décidé « des suites à donner ».

Il indique aussi avoir encore reçu récemment « une main aux fesses » : « Il y a encore quelques mois, Maxime Cochard se permettait de me mettre une main aux fesses par surprise alors que je le croisais en manif. Encore une fois, j’ai pris du temps pour me rendre compte que c’était une agression sexuelle. »

Maxime Cochard a rapidement réagi dans un communiqué, également publié sur Twitter, dans lequel il dénonce « une accusation totalement fausse ».

« Compte tenu de la gravité de tels propos et de leur caractère calomnieux, j’ai donné instruction à mon avocat d’engager immédiatement une action judiciaire en diffamation », a indiqué l’élu.

Son avocate Fanny Colin a confirmé de son côté que les faits de viol étaient « formellement contestés » par son client et qu’une démarche pour diffamation avait été engagée.

Sur les réseaux sociaux, d’autres élus de la mairie de Paris ont apporté leur soutien au jeune auteur du tweet sur Maxime Cochard. A commencer par l’élue LFI Danièle Simonnet, qui lui écrit : « Tout mon soutien à @TT_Guillaume, c’est essentiel que la parole se libère et ayons bien conscience du courage que cela demande ».

Les étudiants de la ville de Metz se sont recueillis le vendredi 12 février pour honorer sa mémoire, alors que le jeune homme avait quitté la ville après avoir obtenu son baccalauréat pour étudier à Paris. C’est là qu’il aurait fait la connaissance de Maxime Cochard, élu du Parti Communiste Français à la mairie du 14ème arrondissement, alors que Guillaume militait dans les rangs de ce parti.

Sur son compte Twitter, deux photos de Guillaume restent épinglées sur son profil. Le 25 décembre dernier, il posait, jouant avec une guirlande lumineuse formant sur ses cheveux une auréole. Sur fond rose, il ferme les yeux, l’air paisible. Deux mois plus tard, le 27 février, des proches ont organisé un hommage en sa mémoire.

« Suite au mouvement #MeTooGay, initié par notre défunt ami et camarade Guillaume, nous pensons nécessaire de donner une continuation à cette libération de la parole a annonce sur la page Facebook, Thomas Braz. Les milliers de témoignages qui sont apparus sur twitter ont mis en évidence une chose : la culture du viol très présente mais aussi très tu dans la communauté LGBTQI+. Alors après la libération de la parole, vient la nécessité des actions.

Manifesté dans les rues de Paris, ce samedi 27 février à Pigalle, afin de protester collectivement. Nous nous opposons à cette société patriarcale qui ne condamne pas suffisamment le viol, pire que cela, qui assure l’impunité des violeurs avec une justice pas suffisamment équipée.

Cette société, est celle de l’impunité, et c’est à nous de s’y opposer. Par notre mobilisation, nous demandons donc aux institutions d’agir, d’équiper notre justice pour qu’elle condamne plus sévèrement le viol. Il est inadmissible que l’on compte autant de viols et si peu de condamnations, la défaillance du système doit cesser. Au-delà d’une réforme de nos institutions juridiques, nous demandons une réforme de notre système éducatif.

Les jeunes LGBTQI+ sont particulièrement vulnérables à cause des tabous que notre société entretient. Ces tabous marginalisent les sexualités non hétéro, entretiennent les LGBTIphobies. Pour que nos jeunes adelphes soient plus en sécurité, le gouvernement et les institutions doivent prendre leurs responsabilités et inclure dans le système scolaire des formations pour lutter efficacement contre les LGBTIphobies et les tabous.

Néanmoins, nous devons aussi lutter contre les discriminations présentes au sein même de notre communauté. Nous devons lutter activement contre le racisme systémique et les violences qui en découlent. Nos adelphes queers racisé-e-s sont particulièrement exposé-e-s aux fétichismes racistes et aux violences sexuelles. De plus, nous ne pouvons pas accepter leur effacement constant dans nos luttes, alors qu’iels en sont les pionnier-e-s. La pacification et la gentrification de nos combats sont fondamentalement racistes et classistes. Ces phénomènes de plus en plus présent doivent être éradiqués.

Alors que l’on sait que la précarité touche particulièrement les jeunes LGBTQ+, nous devons à tout prix lutter contre le « pinkwashing » des entreprises capitalistes et de l’État.
Le patriarcat est présent partout, il assure la domination des hommes, et donc leur impunité. Le gouvernement et les institutions doivent non seulement nous apporter des réformes juridiques et éducatives ; mais c’est à nous qu’il revient d’agir, de montrer que nous ne voulons plus de cette société patriarcale. La révolution féministe doit se faire, et elle ne se fera pas grâce à nos dirigeants, profitant tous du patriarcat, mais par notre mobilisation collective.

Face à toutes les agressions sexuelles et sexistes, face au patriarcat, face aux LGBTIphobies : RIPOSTE POPULAIRE. Nous ne nous tairons plus jamais, à partir de maintenant, la peur a changé de camp; le patriarcat tombera. « 

Si vous avez été victime de violences sexuelles, vous pouvez contacter le 3919 .

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