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21 novembre 2020

Journal Impact European

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« Supernova », la dernière glisse de Philippe Candeloro

7 min read

Il est le patineur préféré des français. Outre sa personnalité, Philippe Candeloro doit sa popularité aux médias et notamment à la télévision. Normal aux vues de ses performances sur la glace. Le double médaillé Olympique et vice-champion du monde va encore nous faire vibrer avec « Supernova », le tout nouveau spectacle d’Holiday On Ice. Mais, mauvaise nouvelle, cette tournée sonnera ses dernières heures sur la glace en tant que patineur.

Journal Impact European : Vous faites votre grand retour sur la glace d’Holiday on Ice, mais il sera votre dernière apparition en tant que patineur. Ce n’est donc pas une rumeur ?

Philipe Candeloro : Eh non. À un moment il faut passer à autre chose. L’approche de mes cinquante ans est le moment idéal.

JIE : Est-ce un choix symbolique de la faire avec cette troupe que vous avez intégrée il y a vingt ans ?

PC : C’est une belle opportunité pour eux qui avaient besoin de se relancer et pour moi, car une tournée de 84 dates je n’en referai pas. Et cela aurait été un regret de ne pas le faire.

JIE : Physiquement, c’est un défi ?

PC : 84 dates ça ne se fait pas facilement, mais je suis encore capable de l’honorer, d’envoyer du saut périlleux arrière, de faire les petits sauts de Candel, une pirouette et un double axel, même si les gens ne comptent pas les tours (sourire). Lorsqu’on a été un sportif de haut niveau, c’est compliqué d’accepter que physiquement ça devient difficile.

JIE : Avez-vous suivi un entraînement particulier ?

PC : Je viens de passer ma saison d’hiver, donc je suis sur ma lancée. Par contre, au niveau cardiaque, je suis, sur un autre rythme. La création d’un nouveau numéro me prend beaucoup d’énergie. Donc, je me prépare et mets en place ce qu’il faut.

JIE : Vous rappelez-vous de vos toutes premières glisses avec la troupe dans « En concert » ?

PC : Je me souviens surtout d’avoir patiner sur le titre « Il me dit que je suis belle » chantée en live par Patricia Kaas. C’était magique.

JIE : Quels souvenirs gardez-vous de toutes ces années de collaboration avec Holiday On Ice ?

PC : C’est justement le sujet de ce nouveau spectacle.

JIE : Pouvez-vous nous en dire plus ?

PC : Du fait que je n’ai pas été intégré à la création du spectacle, il a été compliqué que je me trouve un rôle à l’intérieur d’un show qui n’a pas été conçu autour de moi. Je suis donc parti sur un storyboard de mes vingt ans d’histoire avec Holiday On Ice, ce que j’ai pu faire avec eux et pour eux. C’est un voyage à travers mes souvenirs.

JIE : Un voyage dans le temps dont vous serez le fil conducteur …

PC : En quelque sorte oui. La difficulté vient du fait que ce ne soit pas mon show, mais celui d’Holiday On Ice. Pour m’y intégrer, je vais décoller d’une navette spatiale aux côtés de Patrick Baudry. Étant indiscipliné, je vais toucher à tout plein de boutons jusqu’au moment où l’un d’eux va m’éjecter. C’est ainsi que je fais mon entrée dans le spectacle.

JIE : Quel meilleur clin d’œil à « Supernova » que la présence de Patrick Baudry …

Sa présence met bien l’accent sur ce qu’est Supernova, à savoir la mort d’une étoile qui fait place à plein d’autres qui vont briller dans le ciel.

JIE : En parlant ciel, êtes-vous inquiet quant à votre devenir après cette tournée ?

PC : Non, pas vraiment. Le patinage représente jusqu’à aujourd’hui 70% de ma source de revenu. Il va falloir que je trouve une équivalence. Je fais confiance à ma bonne … image.

JIE : Justement, quels sont vos projets ?

PC : J’ai reçu plusieurs propositions de théâtre. Je dois étudier qu’elle va être la meilleure option parce que le public peut être plus sévère avec moi du fait que ce ne soit pas mon univers. Un two mens show avec Nelson Monfort me tenterait bien. Je suis sûr que ça marcherait.

JIE : La présidence de la Fédération n’en serait pas un ?

PC : Cela fait déjà quelques années que j’y pense. Elle aurait pu être un bon tremplin quant à une belle reconversion. Mais en mars prochain pour les prochaines élections, je ne peux pas puisque je serai en spectacle. Et puis, je voulais attendre d’avoir 50 ans. C’est juste une question de timing et là il n’est pas bon.

JIE : Nathalie Péchalat (NDLR : championne d’Europe en 2011 et 2012 et médaillée de bronze mondiale en 2012 et 2014 avec son partenaire Fabian Bourza) a annoncé sa candidature. Serait-ce une bonne chose qu’une femme en prenne les rênes ?

PC : Aux vues de ce qui vient de se passer, ça devrait l’être. Ne souhaitant pas détruire un clan pour en mettre un autre, Nathalie Péchalat s’est affirmée sans nous, alors qu’il aurait été de bon augure de se soutenir les uns les autres. Pour une athlète, j’ai du mal à comprendre son positionnement.

JIE : La situation semble donc tendue …

PC : Elle va l’être encore un petit peu… Si on n’a pas besoin de gens comme nous, c’est qu’ils n’ont rien compris. Ce sont des gens imbus de pouvoir qui ne feront jamais avancer les choses. Le patinage a besoin de redorer son blason. Une personne ne peut pas rester 25 ans à la tête de la fédération. C’est pourquoi, les statuts doivent changer.

JIE : Vous êtes pourtant, par votre popularité, une personne influente médiatiquement …

PC : Malgré mes médailles, malgré que je continue à faire du bien au patinage dans le tandem que je forme avec Nelson Monfort, il n’y a pas de reconnaissance dans ce milieu. C’est agaçant.

JIE : Et ce, malgré que vous ayez révolutionné les codes de la glace avec vos sauts et vos pirouettes (NDLR : sauts pieds-joints en avant, pirouette Candeloro Spin se finissant sur les genoux) qui ont permis au patinage d’avoir de nouveaux adeptes ?

PC : Mes idées étaient novatrices. Certains me les ont prises et les ont mal exposées. C’est dommage. C’est notre Fédération qui a aidé à nous fabriquer, alors qu’aujourd’hui on ne nous fait pas confiance.

JIE : Monter une Académie serait quelque chose d’envisageable ?

PC : En France, on a matière à pouvoir organiser une autre façon de s’exprimer sur la glace avec notamment la partie spectacle. Il y a une volonté avec Holiday On Ice de monter une Académie Holiday on Ice ou une Académie Candeloro pour Holiday On Ice. L’idée serait de faire des vedettes des champions ainsi que des patineurs qui ont glissé pendant 15 ans sans avoir été des champions. Ça fait partie des projets qu’il n’est pas impossible que je mette en place.

JIE : Et créer un spectacle résident ?

PC : Des propositions dans ce sens ont déjà été soumises au Lido. L’ancien Palais de glace, le théâtre du rond-point des Champs-Elysées, serait également un bon endroit du fait qu’il renferme dans son intérieur des compresseurs de glace. Nous serions très heureux avec ma femme Olivia, d’être responsables d’un lieu résident. Pour faire progresser un spectacle, il n’y a rien de mieux.

JIE : Justement, vous êtes mariée depuis 21 ans à Olivia, qui est chorégraphe artistique à la tête de la Candeloro Show Company. Quelle est la recette de votre couple ?

PC : De n’appliquer aucune recette, aucune obligation de l‘un comme de l’autre.

JIE : Ensemble, vous êtes les parents de trois grandes filles. Sont-elles fières de votre carrière ?

PC : On ne parle pas trop de ma carrière. Pour mes filles, c’est déjà loin et elles ne l’ont va vécue. Elles savent qu’elles ont un nom qui n’est pas toujours facile à porter pour qu’elles puissent exister à part entière. Quand on leur pose la question « Votre père a été médaillé olympique, mais c’était quelle médaille ? » elles sont incapables de répondre.

JIE : Et vous, quel regard portez-vous sur votre parcours ?

PC : Je suis content pour moi. J’ai fait une belle carrière que ce soit au niveau amateur comme professionnel. J’ai vécu des moments extraordinaires, notamment aux États-Unis en patinant devant 34 000 personnes. J’ai eu de belles phases et je pense qu’elles ne sont pas terminées.

JIE : « Papy » (NDLR : André Brunet Brunet, son ex-entraîneur), en penserait quoi ?

PC : C’est lui qui doit être le plus fier. Il m’a découvert lorsque j’étais un gamin sorti de nul part. Derrière, il obtient deux médailles olympiques. Et malgré cela, la Fédération ne l’a jamais bien considéré et pas davantage respecté. C’est navrant.

JIE : Qu’est-ce que Candel aurait envie de dire au petit Philippe ?

PC : « Merci à Philippe », tout comme Philippe dit merci à Candel. « Merci d’avoir cru en toi, d’avoir suivi ton instinct et ta ligne de conduite ». Merci au public qui par son soutien, valorise ce que je fais et me permet de rester comme je suis.

JIE : Que peut-on vous souhaiter ?

PC : Une bonne santé pour réaliser mes projets.

Et nous, de lui souhaiter en ce jour de 17 février, date de parution, un joyeux anniversaire.

Photos : © DR/ Service de presse

« Supernova », le nouveau spectacle d’Holiday On Ice, du 27 février au 1er mars 2020 le Jeudi à 20h, le Vendredi à 15h et 20h, le samedi à 14h, 17h30 et 21h et le Dimanche à 15h et 19h. – Le Dôme de Paris (Paris XVème) – Réservations : 08 25 03 80 39 (0,18 € /min) – holidayonice.com

3 thoughts on “« Supernova », la dernière glisse de Philippe Candeloro

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