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20 octobre 2020

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Coronavirus : duble peine pour les familles des victimes du COVID-19 transférées à la morgue de Rungis

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Un entrepôt a été transformé en morgue provisoire, d’une capacité d’accueil de 800 à 1 000 cercueils.

Le Marché de Rungis a mis gratuitement ce bâtiment à disposition, c’est un opérateur privé du nom de OGF qui gère cette morgue temporaire et qui facture. Il était important de le préciser.

Ce n’est pas acceptable de facturer à des familles déjà très fortement affectées par la disparition d’un ou de plusieurs proche(s), le coût de la conservation du corps d’un défunt dans un entrepôt du Marché de Rungis transformé en morgue face à cette surmortalité exceptionnelle due à l’épidémie de coronavirus sur notre sol. Actuellement le passage d’un cercueil à Rungis est facturé plusieurs centaines d’euros. Pour qu’un corps soit conservé une semaine en moyenne dans ce bâtiment de 4000 m2, réfrigéré à 5°C réquisitionné sur le « MIN » de Rungis par le Préfet de Police de Paris en raison de la surcharge des services funéraires d’Île-de-France, il faut s’acquitter d’une somme de 250 euros, s’exprime sur sa page facebook Christophe Robert Pasquet.
 » Je demande à tous mes ami(e)s média en grand nombre sur ma page d’en faire écho pour stopper cette réalité scandaleuse. »

Mais qui est l’OGF, l’opérateur en question, qui prévoyait en effet un « forfait de 6 jours » et pourquoi…

Réquisitionné par le préfet sur demande du gouvernement pour faire face à l’afflux de personnes décédées du coronavirus (COVID-19), un bâtiment réfrigéré du Marché d’intérêt national (MIN) de Rungis (Val-de-Marne), le « ventre de Paris », accueille depuis lundi 6 avril les cercueils des victimes de l’épidémie, faisant ainsi office de morgue.

Mais les familles de défunts ne s’attendaient pas à devoir régler des frais de prise en charge, inexistants dans les hôpitaux. Des tarifs dénoncés ce jeudi 9 avril par le ministre de l’Intérieur.

Christophe Castaner a ainsi demandé à ce qu’un contrôle soit exercé sur la morgue provisoire au sujet de ses tarifs controversés. « Il me semble anormal que les contraintes liées à la situation de confinement et à des mortalités massives soient imputées financièrement aux familles », a estimé Christophe Castaner devant la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’épidémie de Covid-19. Un recadrage nécessaire de la part du gouvernement, alors que « la morgue de Rungis est gérée par un opérateur privé », a fait savoir le ministre de l’Intérieur.

L’entrepôt est réquisitionné par la préfecture de police de Paris depuis début avril auprès de la Semmaris, société gestionnaire du Marché d’intérêt national (MIN). La préfecture de police a ensuite réquisitionné un opérateur funéraire, le groupe OGF. « C’est lui qui fixe les tarifs », indique une source policière qui précise qu’« aucun argent ne va à l’Etat ou à la police », selon Le Parisien.

Voilà le cri du cœur de Sandrine Thiefine, présidente du réseau les Pompes funèbres de France, ce jeudi matin. Alors que les premiers cercueils sont arrivés ce week-end au sein du bâtiment de Rungis (Val-de-Marne), plusieurs croque-morts ont fait remonter à leur présidente leur malaise à l’idée de tendre une note aux familles.

Il faut savoir que reposer dans la chambre mortuaire d’un hôpital est gratuit les premiers jours (une durée qui varie selon les établissements). Celles-ci sont parfois pleines, en raison des très nombreux décès liés au coronavirus. Les corps des victimes peuvent alors être emmenés à la morgue de Rungis, mise en place par l’Etat pour désengorger les services funéraires.

Selon nos informations, les prix pratiqués par OGF sont inférieurs à la moyenne pratiquée dans les chambres funéraires privées. « Les prix y sont très variables mais il faut compter environ entre 400 et 700 euros le forfait de trois jours », confirme Sandrine Thiefine.

« L’opérateur en question, OGF, prévoyait en effet un « forfait de 6 jours » à 159 euros pour « l’admission et le séjour en condition de conservation du cercueil fermé et scellé ». Chaque journée supplémentaire était facturée 35 euros, tandis qu’un espace de recueillement pouvait être réservé aux familles à raison de 55 euros pour « une heure maximum », explique Sandrine Thiefaine, la présidente de Pompes funèbres de France, concurrente de OGF. »
« Le passage du cercueil à Rungis est payant pour les familles. Et ça, ce n’est pas acceptable. On ne peut pas facturer aux familles des frais pour un passage dans un entrepôt à Rungis », s’était-elle indignée, rappelant que des dérogations avaient été accordées, le délai légal de six jours pour inhumer un défunt étant désormais dépassé. « À Rungis, on facture une journée supplémentaire 35 euros (au-delà des 6 jours, ndlr) », avait-elle dénoncé.

Une situation dont s’est également ému Nicolas Dupont-Aignan dans une vidéo sur Twitter, dans laquelle il réclame « des sanctions contre les monstres qui profitent de la crise ». Le marché de Rungis, de son côté, a rappelé dans un communiqué qu’il n’était pas responsable des tarifs appliqués, précisant que son « rôle » s’arrêtait à la mise en place d’une maison funéraire à laquelle les familles endeuillées « accèdent gratuitement », renvoyant ainsi la responsabilité à l’opérateur privé OGF.

« Une honte sans nom ! On facture aux familles en deuil 150€ pour que le cercueil soit admis à Rungis, 50€ pour s’y recueillir 1h, et après 1 semaine 35€/jour ! Je demande la gratuité, le remboursement des familles, et des sanctions contre les monstres qui profitent de la crise. » s’exprime dans une vidéo sur Twitter, Nicolas Dupont-Aignan .

Stéphane Layani, président de la Semmaris, précise que Rungis n’a rien à voir avec ces facturations et que le péage d’accès au MIN est gratuit pour les familles. Il ajoute qu’il prête gratuitement cet entrepôt à la préfecture de police.

« Vu les circonstances — décès dû à l’épidémie, pas de toilette mortuaire autorisée, mise en bière directe, pas de possibilité de voir le défunt… — et vu ce que vivent les familles, je trouve que ce serait plutôt à l’Etat de prendre en charge ces frais », estime la présidente des Pompes funèbres de France, Sandrine Thiefaine.

Une demande entendue dans la foulée par le ministre de l’Intérieur : Christophe Castaner demande un contrôle de la morgue provisoire au marché de Rungis. « Il me semble anormal que les contraintes liées à la situation de confinement et à des mortalités massives soient imputées financièrement aux familles », déclare-t-il.

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