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4 décembre 2020

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L’art de Yishan, un mélange d’art traditionnel et numérique

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Le 17 septembre 2020, la ville de Bâle (Suisse), a accueilli l’exposition « Lingering Body Art Exhibition » de l’artiste chinois Yishan à la G. Krist Gallery.

L’exposition de Pékin

Le jour de l’inauguration à Bâle coïncidait avec celui de la clôture de l’exposition au Yindi Art Museum de Pékin. Le critique Jia Fangzhou était l’hôte académique de l’exposition de la capitale chinoise. Jia Tingfeng, président du 798 Taihe Art Space était le conservateur. On y découvrait 23 oeuvres de  Yishan, nommées « Corps sinueux », une partie de ses créations de ces dernières années.

Cette exposition était une exploration basée sur la calligraphie et les personnages tout en utilisant des techniques de peinture numérique.

Le  président de l’espace d’art Yingdi, Jia Tingfeng a expliqué qu’ il s’agissait de peintures créées sur écran électronique. On utilise un logiciel, un stylo électronique, un clavier et une souris. La peinture sort par des micro-jets haute définition. Yishan s’est inspiré de la calligraphie chinoise traditionnelle et a utilisé des techniques numériques.

Selon le critique d’art Jia Fangzhou, la technologie de peinture électronique utilise un traitement stylisé de la calligraphie, le « corps intriqué ». Cela crée un effet visuel de distorsion, d’enchevêtrement, de connexion et d’inséparabilité.

L’artiste  Yishan

Yishan est un artiste chinois contemporain. Son oeuvre est dédiée à l’exploration de l’abstraction de la peinture à l’encre de Chine, de la peinture numérique et de la recherche sur l’art spatial.

Consultant de l’Association de sculpture de la province du Sichuan, il a aussi remporté de nombreux prix durant ces dernières années. Il est titulaire du « Contemporary Ink and Wash Innovation Award » du 2ème Asian Art Festival à New York. Il a aussi reçu le « Best Artist Award » de l’International Artist à Oulanbaatar.  Grâce à ses oeuvres présentées lors de la seconde Biennale Internationale d’Art Contemporain d’Argentine, il fait partie de la Nomination Award pour la 3ème Biennale Internationale des Artistes Contemporains d’Argentine. Sa notoriété s’envole grâce à la présentation de ses œuvres à la seconde biennale argentine, à l’Exposition du Siège des Nations Unies, au Salon Français du Grand Palais et à la 57ème Biennale d’Art de Venise.

Les peinture à l’encre de Yishan sont un mélange de numérique et d’art traditionnel chinois. Il s’est engagé à utiliser l’encre pour expliquer sa compréhension de l’art contemporain. Le langage de l’encre explique sa compréhension de l’art contemporain dans un contexte postmoderne.

Elles intègrent l’art traditionnel chinois et l’art numérique car il s’est engagé à utiliser le langage de l’encre pour expliquer sa compréhension de l’art contemporain dans un contexte postmoderne.

Selon le curateur Gui Lin, « le travail de Yishan contient l’esprit de fraternité, dans l’espoir de résoudre la confrontation mondiale et d’exprimer son souci de la vie ».

Les origines de l’exposition

Durant plus de 40 ans, la calligraphie chinoise traditionnelle est au centre de l’oeuvre de Yishan. Le choix naturel et la composition de caractères écrits sont à la base du langage artistique unique qu’il dégage. On retrouve dans ses créations, les inscriptions anciennes, l’histoire de la calligraphie, le son de l’or et la pierre, l’esprit de vie contenu dans le rythme des lignes des personnages.

L’utilisation du numérique permet de naviguer dans un espace multidimensionnel, ajoutant un effet technologique surprenant. Cette expérience est construite pour se défamiliariser de l’image traditionnelle. Elle déconstruit et réorganise les traits tout en intégrant les couleurs.

Aux yeux de Yishan, la relation correspondante entre les artistes et l’époque dans laquelle ils vivent, est très importante. Quelque soit leur civilisation, agricole ou industrielle, les êtres humains ont leurs propres créations artistiques. Créer un art de civilisation post-industrielle est devenu le centre de sa réflexion depuis  l’entrée dans l’ère du numérique.

Du tracé de pinceau à l’emploi du numérique

On retrouve les styles artistiques occidentaux au travers d’oeuvres d’artistes chinois depuis la fin du XIXe siècle. Elles caractérisent des pratiques artistiques héroïques et l’ouverture d’ une nouvelle voie de la peinture à l’encre.

Laurent Parent, critique d’art et conservateur du Louvre, considère que les signes et idéogrammes sont les fondements de la calligraphie. Ils deviennent des formes vivantes, mouvantes,  porteuses d’une charge émotionnelle puissante.

« La calligraphie est en un seul geste, la représentation éphémère de la beauté, la spiritualité, la poésie de la sémantique et chorégraphie du mouvement ». En Chine, on considère qu’elle est une forme artistique par excellence. Les signes et idéogrammes sont inspirés par les éléments de la nature. Ils se transforment en  formes vivantes, mouvantes,  porteuses d’une charge émotionnelle puissante. Yishan invente une pratique novatrice de la calligraphie tout en s’inscrivant dans la tradition. Il réinvente le geste technique malgré la disparition de la pureté du tracé du pinceau mais ses explorations ont donné « plus de corps, de vie et d’intensité émotionnelle aux signes écrits ».

La technique numérique

Dans la série d’œuvres « Corps sinueux », les symboles de la calligraphie sont devenus des « formes courbes ». Yishan explore tous les aspects du monde et les fluctuations constantes de l’univers. Son travail sur les symboles calligraphiques a conduit au chevauchement et à l’enchevêtrement de couches de peinture successives, grâce aux techniques de peinture numérique. L’encre apparaît presque liquide sur le support papier et sous formes rugueuses telles des ruisseaux ou des branches.

Chaque ligne, chaque courbe de calligraphie, chaque point du support papier produisent de nouvelles images et de nouvelles significations de symboles. La complexité de la couche de peinture et l’enchevêtrement de la forme et de la couleur donnent aux gens le sentiment que le matériau est  emprisonné dans les chaînes de l’histoire et de la tradition, mais aussi libre de toutes restrictions. Le pinceau est inutile pour montrer combien les mots sont vivants  nos yeux. Le mouvement des caractères  reflète le pouvoir de l’émotion et de l’amour, universel au-delà de la culture et de la civilisation.

« Lingering Body Art Exhibition à Bâle »

Yishan expose ses oeuvres à Bâle, sous forme de peintures numériques comprenant 3 parties: peinture à l’encre, amour et géométrie. Rappelons que Bâle est la capitale de l’art contemporain. C’est aussi la ville qui abrite Art Basel depuis 2017. Cette dernière avait choisi Buenos Aires comme ville partenaire.

Quelques mots sur Art Basel et la biennale d’Argentine 

Art Basel, célèbre foire d’art contemporain mais aussi marque mondiale a lancé un programme inédit d’une semaine, en novembre 2017. Directeurs de musées, curateurs, critiques d’art et collectionneurs internationaux ont pu se retrouver autour d’événements. Des visites d’ateliers, vernissages, talks et workshops y étaient liés . Près de 35 000 personnes ont pu découvrir cette première édition dans une vingtaine de lieux, musées et galeries locaux.

Buenos Aires, capitale de l’Argentine jouit d’un riche héritage culturel. La présence de librairies, théâtres, salles de spectacle et musées. Grâce à cela,  Art Basel a choisi Buenos Aires comme première ville partenaire, tête de pont en Amérique latine. La première édition de cette biennale s’est tenue en 2017 dans16 pays et 32 villes.  Les artistes de tout pays peuvent y assister grâce à sa visibilité internationale . Yishan participa à la seconde édition en 2019 et à la Nomination Award pour la 3ème édition.

L’inauguration de l’exposition 

L’inauguration de l’exposition a commencé par un échange et une discussion sur l’art chinois et occidental à travers le temps et l’espace,  basé sur les « Corps sinueux » de l’artiste Yishan.  Elle s’est déroulée en la présence de Mme Xu Yang et de M. Hugo, chef de la culture et de l’art du gouvernement municipal de Meyrin à Genève Suisse).  Ce dernier, également artiste et architecte, a prononcé le premier discours. Il a repris la définition de la calligraphie et a décrit ce qu’elle représente en un seul geste. Il a aussi parlé de l’art de Yishan.

« Tout en suivant cette tradition, l’artiste Yishan a remodelé la technique. Il nous a amenés dans une pratique de la calligraphie complètement innovante. Son exploration de l’art abstrait et de la création à travers l’utilisation de la peinture numérique peut éliminer la pureté des coups de pinceau, mais donner à l’écriture plus de corps, de vie et d’intensité émotionnelle. » a-t-il déclaré.

Les autres intervenants

Lauren Bargen, responsable des collections du musée du Louvre et du musée militaire en France, a souligné que l’intégration des techniques d’écriture chinoise et des langues occidentales est particulièrement évidente dans les œuvres Yishan. Par conséquent, le mot français « amour » ou le mot anglais « love » sont réinterprété du point de vue de la calligraphie.

M. Gui Lin, directeur français du China International Culture and Art Center de l’Union européenne et commissaire de l’exposition d’art de Bâle, a ajouté « qu’un grand nombre de Chinois modernes ont courageusement greffé et intégré les styles artistiques occidentaux et se sont lancés dans une nouvelle voie de l’encre et du lavis. Je pense que la peinture à l’encre de Yishan combine l’art à l’encre et l’art numérique contemporain.

Lors de cette cérémonie d’ouverture, performances de violon solo d’une artiste occidentale et danse par une ballerine asiatique ont montré au public, une expérience de fusion artistique plus riche et plus diversifiée surmontant les barrières de la langue.

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